Confrontés à l’accélération inexorable de l’histoire mondiale – conséquence inévitable d’un ralentissement économique prolongé et de la montée des tensions géopolitiques qu’elle engendre – il devient de plus en plus évident que chacun sera sommé de choisir son camp avant la fin de cette décennie crépusculaire. Un important travail collectif de clarification devrait être mené pour répondre à cette nouvelle donne si nous espérons nous montrer à la hauteur de la situation qui vient. En ce sens, ce texte n’est qu’un humble prélude, une bouteille lancée à la mer pour celles et ceux qui n’ont pas encore abandonné. L’histoire, seule, ne garantit rien, elle pose seulement des choix que nous devons assumer.
Si nous commençons aujourd’hui par un retour à la morne situation politique française, celle-ci doit être néanmoins appréhendée dans le contexte élargi d’un désordre mondial qui va en s’intensifiant. Celui-ci est marqué, entre autres, par les deux guerres en cours en Ukraine et au Moyen-Orient, la montée des tensions dans le Pacifique, la perspective d’une confrontation élargie entre deux blocs menés respectivement par les États-Unis et la Chine, mais surtout par la reprise, certes encore timide, d’une lutte mondiale contre l’ordre capitaliste, comme l’ont illustré cet été l’insurrection kenyane et la révolution bangladaise.
Ainsi donc, la France s’enlise depuis le printemps dernier dans une crise politique latente destinée à durer. Le bipartisme traditionnel, ce masque trompeur qui avait longtemps servi de façade à une stabilité factice, a cédé la place à un pot-pourri faisandé. Les Français, désormais orphelins d’un gouvernement majoritaire au Parlement, contemplent avec hébétude et impuissance l’érosion de structures et d’institutions politiques qu’ils croyaient pourtant immuables. Ce scénario, prévisible depuis une décennie, a été ignoré jusqu’au…
Auteur: dev

