Les skieurs des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes auront-ils assez de neige pour dévaler la montagne ? La question se pose après l’attribution de cette compétition à la France mercredi 24 juillet, sous condition de garantie financière.
Avec le réchauffement climatique, la neige va se faire rare à basse et moyenne altitude, c’est-à-dire sous les 2 000 mètres. « Cela ne veut pas dire qu’on n’aura plus du tout de neige chaque année. Il y a de fortes variations, avec de plus en plus d’années faiblement enneigées », explique à Reporterre Samuel Morin, chercheur à Météo-France et au CNRS, spécialiste de la neige. « Depuis cinquante ans, nous avons perdu un mois d’enneigement en montagne à basse et moyenne altitude et plus on avance dans le temps, plus on s’expose à des conditions d’enneigement défavorables », poursuit-il.
Les Alpes se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète et un peu plus vite que l’Hexagone : +1,8 °C sur toute la France depuis le début du 20ᵉ siècle contre +2 °C dans ces montagnes.
Broyer de la glace pour en faire de la neige
Sous l’effet de la hausse des températures, les précipitations prennent plus souvent la forme de pluie que de neige. Le manteau blanc fond également plus rapidement au printemps. Toutefois, cette tendance à long terme ne permet pas de préjuger de l’état des pistes pour ces prochains jeux. « C’est difficile à anticiper. On ne peut pas mieux connaître les conditions d’enneigement en 2030 que pour la prochaine saison 2024-2025, indique Samuel Morin. Il ne faut pas s’attendre à un contexte climatique radicalement différent en seulement cinq ans, c’est une période courte pour le climat. »
Dans tous les cas, plus on monte en altitude, plus on aura des chances d’avoir de la poudreuse. La plupart des sites retenus pour ces Jeux se trouvent au minimum à 2 000 mètres d’altitude (La Plagne, Isola 2000, le…
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Auteur: Laury-Anne Cholez

