Pas facile, quand on est éloigné de sa famille, de s’occuper d’un parent malade, voire dépendant. Justine Ruggieri nous raconte, à travers l’expérience de son père, les failles d’une institution en mal de personnels soignants suffisamment formés.
C’est l’histoire d’un monsieur de 80 ans, élégant, cultivé, philosophe. Il habite seul dans un petit hameau près de Nîmes, loin de tout et de sa fille. Il cultive son jardin avec amour, écoute Vivaldi et Bach, peint des aquarelles marines, profite de la douceur de vivre du Gard. En novembre 2023, il fait son bilan de santé habituel au CHU de Nîmes pour son affection cardiaque de longue durée. On le renvoie chez lui avec un diagnostic d’« insuffisance hépatique et de troubles cognitifs non bilantés », et une liste d’examens à effectuer.
Il en parle à sa fille, qui s’inquiète et lui rappelle à plusieurs reprises de faire ce bilan. Mais les troubles cognitifs ont déjà commencé à ronger sa mémoire, à désorganiser sa pensée. Elle appelle le CHU pour savoir quoi faire, mais on lui répond : « secret médical ». Elle tente de joindre le médecin traitant de son père, forcément destinataire de ce compte rendu, pour voir s’il peut contacter son patient. En vain.
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En 2024, ce médecin traitant, pierre angulaire de la prise en charge de sa santé, part à la retraite. En a-t-il informé le vieux monsieur, qui l’a oublié ? Ou n’a-t-il pas eu le temps nécessaire pour s’assurer que le suivi de son patient serait assuré ? Dans tous les cas, l’homme se retrouve isolé, sans interlocuteur. À au moins deux reprises, sa fille contacte les pompiers qui se déplacent…
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