« La France insoumise est-elle anticapitaliste ? » C’est la question que pose Frédéric Lordon dans un récent article de son blog du Monde Diplomatique, contribution à la fois théorique et stratégique. Antoine Salles-Papou, responsable de l’école de formation de l’institut La Boétie (créé par la France insoumise), lui répond ici.
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« La France insoumise est-elle anticapitaliste ? » se demande Frédéric Lordon dans un article argumenté. On tâchera ici de répondre à ce texte qui a le mérite d’ouvrir un débat théorique de haut niveau. Il est de haut niveau parce qu’il lie les considérations sur l’analyse du capitalisme et des classes sociales avec des questions directes pour l’action politique.
Bien sûr, il y a beaucoup de convergences et de points d’accord avec Frédéric Lordon qui est l’un des intellectuels les plus motivants de notre famille politique. Sa contribution à la vitalité du monde intellectuel critique français et surtout son lien avec les luttes depuis une quinzaine d’années font référence pour nous.
Son texte ouvre néanmoins un certain nombre de nuances voire parfois de désaccords qu’il faut examiner. Je le fais ici notamment à la lumière de la théorie de l’ère du peuple présentée de manière très complète dans l’ouvrage Faites mieux : vers la révolution citoyenne, et des analyses mises en avant dans le dernier livre de l’Institut La Boétie Nouveau peuple, nouvelle gauche.
Un problème de déterminant
Drôle de question, qui se propose de sonder l’essence d’un mouvement politique, comme si elle sondait le cœur d’un être humain. « Anticapitaliste » ne peut désigner que deux choses : une mise en cause d’un rapport social de domination dans la répartition de la richesse produite et une forme d’organisation des règles de l’échange dans la société. L’un et l’autre ont alors leur propre histoire quand ils s’adaptent eux-mêmes aux…
Auteur: redaction

