Nous avions publié le premier volet de ce texte en juillet. Comme précisé alors, il s’agit pour Lucas Amilcar de comprendre pourquoi et comment « la gauche » y compris dans sa variante institutionnelle était redevenue en l’espace de quelques années une hypothèse crédible pour nombre de personnes ayant pourtant des aspirations plus vastes et audacieuses. À partir d’un vis-à-vis entre traditions libertaires et autoritaires, des pistes sont ouvertes pour comprendre les ressorts du moment contre-révolutionnaire que nous connaissons : l’accumulation des défaites, le chantage à l’urgence, le refus de penser stratégiquement, les leurres campistes et le défaitisme pragmatiste, entre autres. Un troisième et dernier volet est en cours d’élaboration.
Habra marea
(Il y aura des marées)
Slogan féministe d’Uruguay
« Les militants passent d’un groupe à l’autre en même temps qu’ils “changent” d’idéologie, en emportant chaque fois dans leurs bagages la même dose d’intransigeance et de sectarisme. Certains accomplissent de très amples trajectoires. Ils vont du léninisme au situationnisme pour revenir à un néo-bolchevisme en passant par le conseillisme. Tous butent contre ce mur et sont renvoyés plus ou moins loin dans le temps. »
Jacques Camatte
La dernière décennie a connu un nombre de révoltes sans précédent et qui ont tenté, chacune à leur manière, de rompre avec l’ordre général des choses (voir le premier volet). Le début des années 2020, qui s’est ouvert avec la pandémie, fut au contraire marqué par une réponse contre-révolutionnaire protéiforme. Répression, guerres, détournement des colères et enfin augmentation de l’autoritarisme et de différents courants fascisants aux quatre coins de la planète.
Au sein du camp de la libération, si les soulèvements des années 2010 ont souvent permis un déploiement massif des pratiques et idées libertaires, ce moment…
Auteur: dev

