La France Insoumise, le fascisme et la révolution [3/3]

Troisième volet de l’enquête théorico-pratique de Lucas Amilcar qui tente de restituer et resituer l’hypothèse révolutionnaire dans la configuration militante actuelle, à savoir la menace de l’accession au pouvoir de l’extrême droite et une adhésion diffuse et plus ou moins critique à l’idée que son rival social-démocrate, la France Insoumise, repousse ce péril et permette une plus grande marge de manœuvre pour les années à venir. Après s’être interrogé sur l’état du mouvement révolutionnaire en France (Volet 1), avoir constaté une crise de la pensée subversive et le retour de l’une gauche autoritaire (volet 2), l’auteur propose d’esquisser différentes stratégies selon les configurations politiques à venir.

« De la défaite surgissent des itinéraires »
Carmen Castillo

La croisée des chemins

Nous l’avons décrit dans les deux précédents volets, les différents soulèvements de la dernière décennie -portés par des idées telles que l’anarchisme, l’autonomie, l’horizontalisme, les féminismes, le mouvement queer, l’insurectionalisme- ont eu pour point commun d’avoir été poussés par une grande dose d’idéalisme. Mais l’idéalisme, contrairement à ce que les militants « chevronnés » tentent souvent de faire croire, n’est pas toujours une chose mauvaise. Toute politique révolutionnaire doit en être dotée d’une grande dose.

Cet idéalisme de début de siècle, au cœur d’une époque politique moribonde et sans perspectives, a été extrêmement porteur. Il a permi de démolir de nombreuses digues que les idéologies et formes fossiles du XXe siècle avaient construites pour empêcher tout écart de leurs girons. Il a permis à la politique de reprendre contact avec la vie et d’expérimenter, d’inventer de nouvelles formes inspirantes pour des millions de personnes.

Mais rattrapé par les contradictions et la perte de vitesse de nos mouvements, un grand nombre…

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Auteur: dev