Un écart révélateur
La comparaison avec Israël est particulièrement frappante. Ce pays, confronté depuis longtemps au stress hydrique, recycle 40 à 50 % de ses eaux usées pour l’irrigation et d’autres usages.
« Ils ont des problèmes qu’on n’a pas encore et qu’on aura peut-être davantage avec le réchauffement climatique », observe Nicolas Dietrich, chercheur spécialisé dans le traitement de l’eau, pour La Relève et La Peste
Le paradoxe français est criant : des technologies éprouvées existent, des modèles fonctionnent ailleurs, mais l’eau traitée continue d’être rejetée dans l’environnement sans valorisation.
« Aujourd’hui, l’eau qu’on traite et qu’on envoie dans l’environnement pourrait être réutilisée. On peut refabriquer des engrais, refaire de l’eau, de l’énergie », souligne le chercheur.
Quatre chantiers urgents
Face à ce constat, plusieurs leviers d’action se dessinent avec des gains potentiels importants :
La réparation des réseaux, un gisement d’économies immédiat. Environ 20 % du volume d’eau se perd dans les fuites, représentant un gaspillage financier majeur. L’argent économisé pourrait être réinvesti dans des infrastructures de réutilisation.
Le développement massif de la réutilisation, identifié comme « la plus grande marge » de changement. Contrairement à d’autres pays qui ont dû s’adapter par nécessité, la France n’a pas encore pleinement embrassé cette voie alors que les tensions sur la ressource s’accentuent.
L’optimisation agricole, un levier complexe mais crucial. L’irrigation au goutte-à-goutte et surtout l’adaptation des cultures aux réalités climatiques locales représentent des transformations de fond qui demandent du temps et de l’accompagnement.
La sobriété dans la consommation, car chaque objet, vêtement ou voiture…
Auteur: Isabelle Vauconsant

