À l’approche de l’été, les images de lieux touristiques bondés alimentent le procès du « surtourisme ». Notre pays serait devenu victime de son attractivité. En réalité, cet état de fait concerne une minorité de destinations. 95 % du territoire est en situation de sous-tourisme, et sur les 5 % restants, les difficultés se concentrent sur une période réduite de l’année. Le débat public s’appuie sur des exceptions très visibles, quand l’enjeu, pour une grande partie des territoires, reste d’attirer davantage de visiteurs. Pourquoi cet intérêt des collectivités pour le tourisme ?
La réponse est simple : la fréquentation touristique apporte une contribution économique significative. À l’échelle nationale, le tourisme représente 7 à 8 % du produit intérieur brut et constitue le premier secteur excédentaire de la balance des paiements. Ces chiffres peuvent sembler abstraits, mais traduisent une réalité concrète : les touristes – mais aussi les visiteurs à la journée – consomment local.
La consommation touristique irrigue l’ensemble de l’économie
Les destinations ont bien identifié le potentiel de cette manne touristique. Un touriste en séjour dans un hébergement payant dépense en moyenne de 80 à 150 € par jour, selon le mode d’hébergement choisi. La filière touristique en bénéficie en priorité, mais pas seulement : de 15 à 20 % des dépenses du séjour sont réalisées dans les petits commerces, chez les artisans, producteurs ou viticulteurs. La consommation touristique irrigue l’ensemble de l’économie.
Mais l’impact économique du tourisme ne se limite pas au moment où le visiteur est présent : il s’inscrit dans une dynamique structurante de long terme pour les entreprises locales. Le tourisme repose sur l’attractivité d’une offre de sites, d’hébergements, d’équipements, qui nécessitent des investissements importants et…
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