Ces derniers jours, nous avons vu des préfectures couvertes de lisier et mises à feu, des mutuelles incendiées, des camions « étrangers » retournés par des tracteurs et leur denrées distribuées aux Restos du Cœur ou brûlées sur le bitume, il y a des appels à encercler Paris, d’autres à rebaptiser l’Élysée « Le Lisier » et un gouvernement particulièrement soucieux de ne pas mettre de l’huile sur le feu. Un narratif médiatique pré-cuit et coordonné tant par les représentants politiques que par les représentants de la FNSEA, nous pousse à appréhender ce mouvement depuis leur seul point de vue, soit leurs intérêts : l’agro-industrie se serait engagée dans un bras de fer avec l’État pour récupérer un peu de sous et faire pression contre les régulations écologiques qui rognent sur leurs marges. Tout cela mâtiné d’un fond brun, réactionnaire et conservateur. Bon. Le Groupe Révolutionnaire Charlatan nous a transmis ce texte qui entend prendre la question depuis un tout autre axiome : essayer de comprendre la révolte depuis ses coordonnées historiques et éthiques.
Lénine contre les moujiks
« Comment renverser la bourgeoisie, comment la réprimer, cela nous l’avons appris et nous en sommes fiers. Comment régler nos rapports avec les millions de paysans moyens, comment gagner leur confiance, cela nous ne l’avons pas encore appris, et il faut le dire franchement. »
Lénine, discours au VIIIe Congrès du PCUS
Dans les cours d’histoire de l’enseignement public, la révolution industrielle, l’exode rural, la République : toutes ces grandes étapes du « progrès » sont présentées comme une série ininterrompue de modifications arrangeantes, d’aménagements utiles et d’améliorations bienvenues au mode de vie de populations arriérées, dont la réalisation serait l’œuvre philanthropique d’une brave et bonne élite citadine formée aux méthodes de la rationalité économique….
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

