Poissons morts ballottés par les vagues, ruisseaux disparus dont il ne reste que des pierres humides, voies navigables fermées et production énergétique à l’arrêt : la France est frappée par une sécheresse historique. Le mois de juillet a été le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne de 24,9 °C, d’après Météo-France. C’est aussi le troisième mois de juillet le plus sec des annales de l’organisme.
Avec un déficit pluviométrique de plus de 70 % en moyenne, les sols atteignent les niveaux de sécheresse parmi les plus importants jamais enregistrés. Dans plusieurs villes, comme Le Luc (Var), Cannes (Alpes-Maritimes), Ajaccio (Corse-du-Sud), Amiens (Somme), et Perpignan (Pyrénées-Orientales), il est tombé moins d’un millimètre de pluie en un mois. À travers le pays, la situation est la même : hydrologues, écologues et agriculteurs guettent avec un espoir qui s’amenuise une amélioration pour sortir de cette sécheresse interminable, que certains décrivent déjà, avec un peu d’emphase, comme « la pire année du siècle ».
« Cette sécheresse donne immédiatement tort aux artisans de la loi d’urgence agricole, votée il y a quelques semaines, observe Sylvain Barone, directeur de recherche à l’Inrae et spécialiste de la gestion de l’eau. Cette loi propose une série de maladaptations au changement climatique — comme le doublement des capacités de stockage d’ici à 2035 — qui vont diminuer la capacité des milieux à faire face à ces épisodes. »
Face à cette évolution brutale du climat et de l’humidité au niveau national, le politiste préfère replacer cet épisode dans un contexte politique : « S’il y a un effet de sidération, c’est sur la vitesse à laquelle les lois qui préservent la ressource en eau ont été…
Auteur: Nicolas Celnik

