Qui n’aime pas la gratuité ? Un transport gratuit, une consultation gratuite, un service ou un bien gratuit : la promesse est séduisante. Dans un contexte où le pouvoir d’achat préoccupe légitimement les Français, elle semble même relever du bon sens. Pourtant, l’économie nous enseigne une réalité moins intuitive : la gratuité a un prix. Derrière ce qui semble ne rien coûter sur l’instant se cache presque toujours une facture, payée autrement, plus tard ou par quelqu’un d’autre.
Il ne s’agit pas ici de remettre en cause des choix politiques ou commerciaux qui ont été faits, mais simplement de permettre à tout un chacun de prendre conscience d’une chose simple mais méconnue : la gratuité est souvent illusoire et peut finir par coûter cher.
Des coûts cachés et transférés
L’économie a longtemps reposé sur un principe simple : un bien ou un service a un prix clairement identifié. Le consommateur sait ce qu’il paye et peut comparer les offres. Dans la composition d’un prix, on retrouve les coûts des matières premières, de production, d’acheminements…
Cette logique s’est profondément transformée : le consumérisme pousse certes à des prix plus bas (positifs pour les clients mais pas forcément pour les travailleurs), mais la révolution digitale a conduit à un saut supplémentaire vers le « tout gratuit ». Paradoxalement, le digital (coûteux en investissements) propose une consommation « gratuite » et multiplie les outils de comparaison de prix ou d’achats groupés.
Mais il ajoute de l’opacité à la compréhension des prix des produits, il cache les impacts environnementaux et sociaux, il rémunère moins le travail et bien davantage les données et la publicité. Nous sommes entrés dans une économie de coûts cachés et transférés.
Un puissant levier d’attractivité
Pouvoirs publics, entreprises, acteurs économiques ont vite compris que le mot…
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