La grève de Postes Canada est entrée dans sa deuxième semaine et aucune solution n’est encore en vue. Bien qu’un médiateur fédéral tente de négocier un accord entre la société d’État et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), les médias rapportent que les parties restent très éloignées.
La grève a commencé le 15 novembre après que les travailleurs de Postes Canada ne soient pas parvenus à un accord avec leur employeur. Le syndicat a beau réclamer des augmentations de salaire, des régimes de retraite sûrs et des conditions de travail saines, la grève ne concerne pas seulement les salaires et les avantages sociaux des travailleurs postaux.
En fait, la question au cœur de ce conflit est la croissance du travail occasionnel et d’autres formes de travail précaire dans le secteur privé de la livraison et, par conséquent, la viabilité de Postes Canada face à cette concurrence à faible coût.
La grève soulève d’importantes questions sur la façon dont le Canada devrait réagir à la croissance de l’économie des petits boulots – appelée la « Gig economy » – à Postes Canada et dans l’ensemble de l’économie.
Les difficultés financières de Postes Canada
Postes Canada subit des pressions financières considérables. La société d’État a enregistré des pertes d’environ 3 milliards de dollars depuis 2018. Elle a perdu 748 millions de dollars en 2023 et a signalé une baisse supplémentaire de 315 millions de dollars au cours du plus récent trimestre.
Toutefois, la direction et le syndicat ne s’entendent pas sur les causes des difficultés financières de Postes Canada ni sur la façon de les résoudre.
Dans le rapport annuel 2023 de la société, le président-directeur général de Postes Canada, Doug Ettinger, a demandé « une plus grande flexibilité dans la façon dont nous livrons, comment et quand le service est fourni, et comment nous couvrons le coût de la…
Auteur: Adam D.K. King, Assistant Professor, Labour Studies Program, University of Manitoba

