La guerre affecte la production alimentaire et la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale, ayant des répercussions non seulement sur les agriculteurs, mais aussi sur les travailleurs migrants, a dit Máximo Torero aux journalistes au siège de l’ONU à New York.
« La temporalité revêt une importance capitale à l’heure actuelle ; le temps presse cruellement et je pense que nous devons trouver une solution le plus rapidement possible », a-t-il affirmé par visioconférence depuis Rome.
Un « double choc » pour les agriculteurs
Maximo Torero, Économiste en chef de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, le trafic de navires-citernes dans le détroit d’Ormuz a chuté de 95 %.
En temps normal, 35 % du pétrole brut mondial — soit 20 millions de barils — ainsi que 30 % du commerce d’engrais et un cinquième du gaz naturel liquéfié transitaient chaque jour par ce corridor maritime stratégique.
En conséquence, les agriculteurs sont confrontés à un « double choc » provoqué par la flambée des prix des engrais et du carburant, deux éléments essentiels à la production agricole.
Inquiétudes pour les consommateurs
Si une solution est trouvée rapidement, les marchés pourraient se stabiliser d’ici trois mois environ. Toutefois, le tableau changerait radicalement si la crise venait à perdurer.
« Le scénario à moyen terme d’un blocus de trois mois affecterait l’ensemble des agriculteurs de la planète ; nous serions alors confrontés à divers facteurs susceptibles d’avoir un impact majeur, principalement lors de la prochaine saison agricole », a-t-il expliqué, évoquant notamment une baisse des rendements des cultures et des phénomènes de substitution.
Cette situation pourrait également susciter une concurrence de la part du secteur des biocarburants, en particulier si le prix du baril de pétrole…
Auteur: Nations Unies FR

