La guerre de Trump contre la démocratie ne s’arrêtera pas avec les midterms

On connaissait la guerre des Six-Jours, la guerre de Trente Ans, et même de Cent Ans. Voilà que Donald Trump nous annonce une guerre « qui ne prendra pas plus de dix minutes ». C’est le temps qu’il faudra, dit-il, à la puissance américaine pour anéantir le complexe d’enrichissement d’uranium de Pickaxe Mountain, situé dans la province d’Ispahan, au sud de Téhéran. Cette nouvelle vantardise du ploutocrate de la Maison Blanche, lâchée depuis sa résidence de Mar-a-Lago, pourrait prêter à sourire, mais il faut en retenir le message principal. Les États-Unis s’apprêtent à lancer une nouvelle offensive contre l’Iran. S’il s’est agi d’une ultime tentative de diversion, à 48 heures des midterms, elle est étrange, car elle ravive tout ce que les électeurs républicains reprochent à leur ancienne idole : la guerre et la flambée du prix du pétrole qui en découle.

Une analyse des résultats des midterms, à retrouver demain sur Politis.fr.

La bête blessée ne renoncera pas de sitôt à tenter d’effacer les échecs qui ont marqué ces deux années de mandat.

Il faut plutôt voir dans ces quelques mots inquiétants comme un programme d’après défaite. Dans un passionnant livre-entretien avec Pierre Haski, l’historienne Maya Kandel avance d’ailleurs l’hypothèse que Trump « se fiche » des midterms (1). Quoi qu’il advienne, il sait pouvoir se reporter sur la politique internationale. Et les quelques semaines qui le séparent de l’installation d’un Congrès hostile risquent d’être celles de la fuite en avant la plus débridée. La bête blessée ne renoncera pas de sitôt à tenter d’effacer les échecs qui ont marqué ces deux années de mandat.

1

Trump a-t-il changé l’Amérique ?, Éditions Eyrolles.

L’Iran en est un. D’autant plus que Trump est flanqué dans cette affaire d’un très mauvais conseiller. La guerre est plus que jamais de l’intérêt de son ami Netanyahou, avec qui il a eu…

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Auteur: Denis Sieffert