La guerre des droites, à l’origine des tiraillements des Républicains

C’est sur la droite traditionnelle, regroupée essentiellement du parti « Les Républicains », que l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale a eu l’effet le plus déstabilisant.

La campagne législative de juin 2024 révèle brutalement le dilemme stratégique auquel cette droite est confrontée, dans un contexte qui, depuis 12 ans, lui est très défavorable : échec électoral aux présidentielles et législatives de 2012 ; montée régulière du Front national qui, dès 2017, lui ravit la place de principale force à droite lors des différents scrutins nationaux ; construction par Emmanuel Macron d’une offre politique qui, visant initialement à dépasser le clivage gauche-droite, s’inscrit de plus en plus nettement au centre-droit de la vie politique.



La droite traditionnelle est aujourd’hui tiraillée entre trois grandes options stratégiques : le maintien d’une autonomie, souhaitée par les principaux dirigeants du parti qui y voient la condition d’un éventuel succès lors de prochaines élections européennes ; l’alliance avec le centre-droit macroniste, que défendent les cadres ralliés par vagues successives au président élu en 2017 ; l’intégration à une « union des droites » dominée par le Rassemblement national – un tabou que vient de lever le président du parti lui-même, Eric Ciotti.

Une guerre des droites qui remonte aux années 1890

Au cours de cette campagne électorale, la droite dite « républicaine » se trouve ainsi confrontée à cette « guerre des droites », entre libéraux et nationaux, qui dure depuis la fin du XIXe siècle.

C’est en effet au moment de l’affaire Dreyfus, au milieu des années 1890, que se cristallise l’opposition entre ces droites.

Il existe, d’une part, une droite libérale, parlementaire, républicaine, recrutant ses cadres et ses dirigeants au sein des élites sociales, notamment les avocats et les milieux…

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Auteur: Mathias Bernard, Historien, Université Clermont Auvergne (UCA)