« Il y avait une sorte d’arrogance de l’Europe, dans ce refus de considérer que la guerre était une possibilité », analyse l’ancien Chef d’état-major des armées. Une arrogance doublée d’une « ignorance ». « Cette ignorance n’était pas délibérée » concède-t-il, mais a « établi une distance très importante entre la société et son armée ». Une distance déplorée par cette dernière. Il y a pour le Général Lecointre un « désarmement moral de notre société », lié à une « perte de conscience de cette violence qui existait dans le monde et qui existe toujours », une violence « qui existe aussi au cœur des hommes ». Les vives réactions lorsqu’Emmanuel Macron a émis l’éventualité d’envoyer des troupes sur le sol ukrainien, témoignent de cette « perte de conscience ». Cette annonce a eu l’effet d’un « brutal réveil » et a provoqué « l’effroi » des citoyens : « ‘Comment ça, la guerre est encore là’ » ? Et bien « oui », répond l’ancien Chef d’état-major des armées. « La guerre n’a jamais cessé d’être là ».
« L’action militaire ne peut pas être clandestine »
Nous pourrions penser que l’« ignorance » vis-à-vis de l’armée, est justifiée. Que celle que l’on surnomme « la grande muette » doit œuvrer dans l’ombre, pour assurer la sécurité des citoyens. Le général Lecointre pense tout l’inverse, « la clandestinité est la pire des…
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Auteur: Lauralie Margalejo

