Après avoir vécu dans un monde pacifique depuis plus de cinquante ans, les Européens pouvaient imaginer que la guerre appartenait à un âge révolu. La chute du communisme a pu conforter cette illusion en leur donnant à penser que c’était la fin de l’histoire, selon la prophétie du philosophe américain Fukuyama. Or, la guerre est revenue d’une autre façon au point que ce ne soit pas une troisième guerre mondiale sur le modèle des deux précédentes, mais une guerre mondialisée, à l’image de la mondialisation technologique qui voit s’affronter des civilisations n’ayant pas la même conception de la vie collective.
Cette guerre mondialisée est pour cette raison à la fois bien plus mondiale que les deux précédentes et, comme le disait très justement le pape François, aussi une guerre par morceaux. Le retour de la guerre est mondialisé et fragmenté, y compris à l’intérieur des sociétés. Les démocraties occidentales (Les États-Unis, la France…), où l’on voit s’affronter une guerre des identités qui traverse l’échiquier politique de la droite à la gauche, en apportent le triste exemple.
Le retour des empires
Un autre facteur de cette guerre mondialisée et fragmentée est l’opposition de plus en plus marquée entre les empires (États-Unis, Russie, Chine) entre eux d’une part, les empires et les États-nations historiques de l’Europe d’autre part. Face à ce rapport de rivalité entre les premiers et d’inégalité par rapport aux deuxièmes, les empires jouent une partie dangereuse entre eux et une partie facile avec les autres, comme on le voit avec la guerre russo-ukrainienne, ou bien avec la volonté annexionniste du président américain. On le voit aussi au Moyen-Orient, où la pax americana est sans doute en train de l’emporter en mettant l’Iran à terre.
Avec le retour des empires (et leurs féodaux) qui font la loi par la puissance des bombes, la guerre…
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