La guerre sur fond de crise

La guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran n’intervient pas dans un ciel serein. Le capitalisme mondial traverse une crise structurelle dont la racine est la coïncidence de deux contradictions : sociale et écologique. Sociale parce que le capital ne peut plus tirer une croissance de la productivité d’une force de travail trop malmenée, en dépit du déploiement d’une révolution numérique.

Écologique parce que la course aux matières premières stratégiques et à l’énergie se livre à couteaux tirés entre puissances impérialistes. Il s’ensuit une croissance économique endémique depuis plusieurs décennies en Europe, un ralentissement brutal en Chine qui préoccupe son gouvernement et une embellie qui s’avère trompeuse aux États-Unis.


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L’attaque israélo-états-unienne a provoqué une réaction militaire de l’Iran et aussi géo-économique en bloquant le détroit d’Ormuz, par lequel transitent les tankers bourrés de gaz et de pétrole. Aussitôt, le baril de pétrole Brent a vu son prix grimper de 60 $ en janvier à 118 $ le 9 mars avant de redescendre un peu. Celui du gaz vendu en Europe a aussi doublé.

Divergences

L’économie mondiale restant encore largement fondée sur les énergies fossiles, l’ensemble de la chaîne de production de valeur peut être affecté selon un cycle vicieux pour l’accumulation du capital : renchérissement des coûts de production, inflation par les profits, baisse des salaires réels, avec le risque d’une stagflation qui dépendra de la durée de la guerre, voire de son extension. Éradiquer Gaza et coloniser la Cisjordanie ne suffisent plus à Israël, il lui faut pousser le feu jusqu’en Iran et au Liban et régner sur tout le…

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Auteur: Jean-Marie Harribey

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