Un seul pays à pouvoir se nourrir en totale autonomie
L’étude, publiée dans la revue Nature en avril 2025, évalue la capacité des pays à produire suffisamment dans sept groupes alimentaires essentiels – céréales, fruits, légumes, produits laitiers, protéines animales, protéines végétales et matières grasses – et souligne une réalité frappante : la majorité des États ne parviendrait pas à produire suffisamment pour pouvoir se nourrir seuls.
Seule une poignée de pays serait en mesure de couvrir ces besoins de manière autonome dans plusieurs catégories alimentaires indispensables. Plus précisément, un pays sur sept atteindrait l’autosuffisance dans au moins cinq groupes alimentaires, tandis que plus de la moitié des pays n’en couvrent que deux ou trois au maximum. Autrement dit, même de grandes puissances agricoles ne sont pas totalement autosuffisantes et dépendent d’importations.
Dans ce contexte, le Guyana serait le seul pays à atteindre une autonomie dans toutes les catégories alimentaires étudiées. Un cas unique à l’échelle mondiale, qui s’explique en grande partie par un ratio singulier entre terres agricoles et faible densité de population, bien supérieur à celui des pays industrialisés.
En effet, avec moins de 800 000 habitants, ce territoire riche en ressources naturelles bénéficie de conditions favorables, lui permettant de produire en quantité suffisante, tout en maintenant une certaine diversité alimentaire. Un modèle difficilement transposable à des pays plus densément peuplés.
Vue aérienne de la rivière Demerara au sud de Georgetown en Guyane – Crédit : Leonid Andronov / iStock
Une autonomie théorique
Mais derrière ce constat, la réalité est plus nuancée. Car produire suffisamment ne garantit ni une production constante, ni une autonomie totale. Le gouvernement guyanien lui-même souligne que cette capacité d’autosuffisance ne signifie pas une absence de dépendance…
Auteur: Chloe Droulez

