La Guyane a besoin de respirer, pas seulement avec de l’oxygène, comme voudraient le lui imposer ceux-là qui ne la considèrent qu’en tant que « poumon de la Terre », à savoir un bien « commun », qui serait par conséquent le Leur, le nouvel Eldorado, dernier joyau qui manque à la couronne d’Espagne, après avoir tout dévasté.
Et, « Respirer », c’est seulement pouvoir tracer sa propre voie.
« Réveiller les Esprits de la Terre »
1. Les baguettes du candidat Macron distribuées aux Amérindiens sur le Haut Maroni, en 2017, rappellent que depuis cinq siècles la Conquête n’en finit pas, et toujours avec les mêmes ficelles, le même mépris.
2. J’ai découvert cette anecdote « croustillante », et bien d’autres, dans « Réveiller les esprits de la Terre », de l’anthropologue Barbara Glowczewski, un ouvrage consacré aux résistances Autochtones (mais pas que) à travers le monde.
Le fil directeur du livre n’est pas forcément ce qui m’a le plus retenu, car c’est ma nature que de m’intéresser davantage aux détails, comme par exemple ce passage magnifique, vertigineux, où dans un groupe aborigène, le corps des individus se retrouve « sans visage », c’est de la grande poésie.
J’ai trouvé aussi très à propos la répartie d’un Tahitien qui se disait plus préoccupé par la survenue du prochain cyclone que par le « réchauffement climatique », présenté par un militant écologiste comme la « mère des batailles » : ceci illustre tout le fossé entre nos priorités et des enjeux plus planétaires qui tendent à les phagocyter.
A cet égard, bien qu’également écologiste de formation et opposée à un extractivisme débridé, je nourris la plus grande méfiance à l’endroit des militants écologistes qui voudraient, dans la grande tradition de domination de l’Occident, nous imposer leur « agenda ».
Or, face au rouleau compresseur de l’Etat français, et…
Auteur: dev
