Il s’agit bien de la haine contre les fonctionnaires, pas de celle de ceux-ci contre je ne sais qui. Même s’ils ont des raisons de haïr – et probablement certaines haïssent – les cabinets de conseils genre McKinsey qui se font payer très cher des boulots que les serviteurs de l’État accomplissent gratos, la « très haute » fonction publique, passée de « noblesse d’État » (Bourdieu, c’était une autre époque) à « noblesse managériale (selon les auteures du livre), les think tanks à la française (genre cette fondation à dormir debout, l’Ifrap « pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques », dirigée par des patrons de grandes entreprises… privées, cela va de soi) qui refilent des études bidonnées aux médias, lesquels en font leurs choux bien gras – « il faut être réaliste, le public sera toujours moins efficace que le privé ». Tous phénomènes qui, si l’on y ajoute les restrictions budgétaires (les « dépenses publiques » à diminuer, sujet d’actualité s’il en est) et la « dématérialisation » des services publics, valent aux fonctionnaires, qui n’en peuvent mais, une animosité de plus en plus affirmée de la part… du public, justement.
Or il ne vous aura pas échappé que les récriminations contre les fonctionnaires, les caricatures qui circulent à leur propos – genre ces types de l’Équipement, au bord de la route, qui sont toujours plusieurs à glander pendant qu’il n’y en a qu’un qui bosse, ces infirmières qui papotent autour d’un café au lieu de s’occuper de vous, ces gens dans les bureaux dont on ne sait pas ce qu’ils foutent, à part vous faire perdre votre temps – à vous qui pourtant n’en avez pas de reste, « Je bosse, moi, Monsieur ! », il ne vous aura pas échappé, donc, que ce concert ininterrompu de médisances (passez donc un moment au zinc d’un bistrot, pour voir, ou plutôt entendre cette basse…
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Auteur: dev

