Les niveaux croissants de la dette publique sont à nouveau au premier plan du discours politique et économique en France et dans d’autres pays industrialisés. La dette publique totale de la France est passée de 60 % du PIB en 2000 à plus de 110 % aujourd’hui. Pour financer des politiques fiscales expansionnistes et des déficits budgétaires persistants, le gouvernement émet de vastes quantités de dettes. Pour le dire autrement, la dette à un instant donné est la somme, enrichie des intérêts, des déficits passés.
Le Fonds Monétaire international (FMI) a récemment prévu que, sans changement notoire dans la politique fiscale, la dette nationale française devrait atteindre 112 % du PIB d’ici à la fin de 2024 et continuera d’augmenter d’environ 1,5 point de pourcentage par an au cours des prochaines années au moins.
Un débat d’experts
Si l’impact de cette situation – notamment sa soutenabilité à moyen terme – est largement débattu, un point important doit être particulièrement analysé : les emprunts émis par les gouvernements ont-ils un impact sur l’activité réelle des entreprises privées ? Et, si oui, de quelle nature est-il ? Et, question subsidiaire, quelle est son importance ?
D’éminents économistes, comme le lauréat du prix Nobel Paul Krugman, soutiennent que l’augmentation des emprunts gouvernementaux ne devrait pas être un sujet d’inquiétude. Pour les tenants de cette thèse, le coût pour l’économie globale de la dette d’État serait moins important qu’il n’y paraît, les gouvernements n’ayant pas vraiment à rembourser leurs dettes. De plus, l’ancien secrétaire au Trésor américain Lawrence Summers a estimé que les dépenses gouvernementales supplémentaires financées par la dette peuvent générer suffisamment de revenus additionnels, qui créeront ensuite de nouvelles ressources pour l’État, si bien que les emprunts ont un bon niveau d’autofinancement, si…
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Auteur: Azizjon Alimov, Professeur de Finance, IESEG School of Management, LEM-CNRS 9221, IÉSEG School of Management

