« Le Smic à 1 600 euros gèlera des millions de projets d’embauche et nous fera renouer avec le chômage de masse (1) » : le Medef ne fait pas dans la nuance. Pour le patronat, une hausse de 15 % du Smic conduirait des milliers de PME à la faillite. C’est totalement faux : il se trouve qu’au contraire, dans la plupart des entreprises, la hausse du Smic aboutirait à… une baisse des coûts salariaux.
Ce paradoxe tient au mode de calcul des exonérations de cotisations sur les bas salaires. Elles s’appliquent à ceux compris entre le Smic et 1,6 fois le Smic, mais de façon décroissante : l’exonération est totale au niveau du Smic, puis décroît quand on s’élève dans la hiérarchie salariale jusqu’à disparaître à 1,6 Smic. Quand le Smic augmente, le salaire des personnes payées strictement au niveau du salaire minimum augmente d’autant, et le coût salarial également. Mais pour les salaires supérieurs (par exemple de 20 % ou 30 %) à l’ancien Smic, c’est très différent : ils ne vont pas augmenter, ou très peu, mais les exonérations à ces niveaux de salaires s’accroissent fortement, puisqu’ils sont beaucoup plus près du nouveau Smic.
Sur le même sujet : Pour la remontada des salaires
Résultat : dans la plupart des PME, où coexistent des salariés strictement au Smic et d’autres à des niveaux un peu plus élevés (par exemple du fait de primes d’ancienneté ou de performance), la hausse du coût des smicards sera contrebalancée par la baisse du coût des autres. Pierre Concialdi, chercheur à l’Ires, a calculé l’effet global à partir de cas types représentant des situations plausibles : dans le cas d’une PME où la moitié des salariés sont au Smic (avant sa hausse de 15 %) et l’autre…
La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Thomas Coutrot

