À l’initiative de collectifs et d’associations féministes, 600 personnes se sont rassemblées sur la place de la Comédie ce samedi 14 septembre en soutien à Gisèle Pélicot et à toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles
Le silence pèse lourd, trop lourd, lors des prises de paroles successives. Les mots sont justes et nécessaires : “Il faut briser le silence” affirme NousToutes34 (NT34). Nommer les violences sexistes et sexuelles est indispensable pour les dénoncer. Mais entre les discours et les applaudissements, les larmes coulent d’elles-mêmes pour de nombreuses personnes présentes sur la place de la Comédie.
L’affaire dite Pélicot est difficile : “On a envie de vomir […] ça remue, ça fait jaillir énormément d’émotions, de colère, de tristesse” ajoute Emy de NousToutes. 51. C’est le nombre de co-accusés dans ce procès. Âgés de 26 à 74 ans, ils sont pompiers, retraités, journalistes, boulangers, infirmiers, chauffeurs routiers…Plus que de l’appeler « l’affaire Mazan » ou « affaire Pélicot », ce procès est surtout le procès de la banalité du mal. “le procès d’un système” pour Laetitia et son amie Manon : “Ce procès-là est médiatisé, et il y en a tellement qui ne le sont pas”, constatent avec dépit et colère les deux amies.
L’ampleur de cette affaire choque et horrifie, mais ne surprend que peu de personnes que nous avons interrogées lors du rassemblement : ”Ça réveille des souvenirs en chacune de nous, des choses qu’on a nous même banalisé” explique Alexia, 19 ans, venue soutenir les victimes accompagnée de ses amies. Elle ajoute : “Toutes les femmes de notre entourage ont subi au moins une agression de la part de leur père, de leur oncle, de leur patron, d’un ami, de leur voisin…“ Un procès qui cristallise les violences intrafamiliales et met en lumière la culture du viol qui imprègne notre société, ce qui est dénoncé…
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Auteur: Le Poing

