Leur discours est, en fait, composé de clichés bien connus malgré les efforts pour leur donner une tournure littéraire. Ces personnes sont appréciées par leurs interlocuteurs médiatiques parce qu’elles tiennent le langage qu’ils attendent, qu’ils souhaitent : « la menace islamiste, les zones sans droit, les quartiers perdus de la république, l’islamo-gauchisme, le voile de la soumission, la violence, la menace terroriste, le prosélytisme musulman, la menace du grand remplacement » etc… Mais elles le disent d’une voix supposée plus crédible que le discours récurrent en France sur ces thèmes car elles viennent du camp d’en face, celui-là même qu’elles dénoncent.
Leur discours est sur le mode : « moi je les connais bien » « je sais ce qu’ils pensent. Méfiez-vous d’eux. Attention ne vous laissez pas tromper par ce qu’ils disent devant vous. Moi je sais ce qu’ils disent entre eux. Il n’y a rien de bon chez eux, aucune intégration, ils sont très peu ceux qui sont français avant d’être arabes et musulmans » etc. Bien mieux que le discours des courants xénophobes français les plus extrêmes.
» Suis-je un traitre ? »
Ce qui est remarquable, c’est que, prenant les devants, ils n’hésitent pas à déclarer eux-mêmes que l’opinion publique, dans leurs pays, les considèrent comme des traitres.
« Suis-je un traitre ? », c’est la question étonnante que pose l’un d’eux dans une interview à une chaine de télévision, ce qui explique que nous mettions, tout le long de ce texte, ce mot de « traître » entre guillemets. Et il en propose lui-même la définition, « être contre les siens » Il se lance alors dans un véritable éloge, une ode à la « trahison » dans laquelle il voit un « contenu libérateur » en Algérie (1).
L’autre n’est pas en reste. Il déplore que « la France ait perdu sa volonté de puissance » et il alerte sur « le processus d’islamisation de la France », reprenant la « fameuse…
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Auteur: Djamel LABIDI
