Dans les Alpes, la mobilisation contre la ligne grande vitesse Lyon-Turin ne s’essouffle pas. Ce tunnel ferroviaire, impliquant de creuser la montagne entre Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie, et Suse, côté italien, tente de se faire depuis plus de trente ans. Mais il est de plus en plus décrié par des habitants de la vallée et des écologistes, l’accusant de sacrifier la montagne, les terres agricoles et les ressources en eau. Philippe Delhomme, vice-président de l’association Vivre & agir en Maurienne, se mobilise depuis plus de vingt ans contre ce projet.
Cette année, il aura vécu pour la première fois des procès pour des actions ou des propos tenus lors de manifestations. D’abord en février pour entrave à la circulation lors d’une action de désobéissance civile face à des camions de chantier. Il a été relaxé. Et maintenant pour avoir refusé de donner mes empreintes, avoir cité le nom et la commune de résidence du directeur territorial de TELT, la société chargée de la construction de la liaison ferroviaire, et enfin pour avoir déclaré « Il faut saboter la TAV » (TAV signifie TGV en italien) lors d’une manifestation en 2024. L’occasion de revenir avec lui sur les conséquences de ce chantier sur l’environnement et sur les pressions exercées sur les opposants au projet.
Où en est le chantier du Lyon-Turin ?
Philippe Delhomme : C’est encore la phase des travaux préparatoires, notamment la préparation de cinq plateformes de chantier, à chaque bout du tunnel, ainsi que trois ou quatre zones de chantiers intermédiaires, qui sont des descenderies ou galeries de reconnaissance. Or, seule la tête du tunnelier est livrée donc il ne fonctionnera pas avant cet automne. Pour l’instant, il n’y a rien de creusé de façon définitive, si ce n’est une petite portion entre deux descenderies. Mais cette question de l’avancée des travaux est une question de point de vue et…
Auteur: Vanina Delmas

