La ligne grande vitesse Lyon-Turin, prévue pour 2033, fait peser des risques sur l’approvisionnement en eau potable dans les villages de Maurienne, en Savoie. Alors que la préoccupation est parfois oubliée, certains habitants et élus se mobilisent pour alerter les autorités.
En 2007 déjà, dans la déclaration d’utilité publique qui autorise le projet Lyon-Turin, il était pourtant évoqué qu’une partie de la montagne allait être drainée, sans que l’alerte n’ait été entendue.
Plusieurs sources déjà affectées
En 2003, l’eau des fontaines du village de Villarodin-Bourget, en Maurienne, cesse de couler. En cause, la déviation de la circulation de l’eau dûe aux creusements d’une des descenderies d’accès aux tunnels du Lyon-Turin.
Afin de réalimenter les fontaines, TELT a créé un réseau de conduites de quatre kilomètres depuis un autre captage, situé plus haut dans la vallée. Un épisode qui a ranimé les interrogations habitantes autour de l’approvisionnement en eau potable.
Villarodin-Bourget n’est pas un cas isolé, à Orelle aussi, le débit d’un forage s’est considérablement réduit après que Telt a creusé une première portion d’une galerie de reconnaissance.
« L’eau jaillissait avec un débit de 96 litres par minute ; et aujourd’hui, le maire estime qu’il n’est que de quelques litres par minute », ajoute Erica Sandford, pour La Relève et la Peste.
Dans la même commune, près du barrage du Pont-des-Chèvres, selon un document interne à EDF révélé par Médiapart, la nappe s’est abaissée de 150 mètres suite au percement de ce même tronçon. Le relevé du piézomètre, qui mesure le niveau d’eau dans la nappe, appartenant à Telt, a brusquement chuté en l’espace de quelques mois.
« En général, les nappes d’eau souterraine alimentent les cours d’eau, pas l’inverse. Les volumes d’eau en souterrain sont considérablement plus importants que les rivières qu’on…
Auteur: Camille Tribout

