Après des semaines de polémiques, Xenia Fedorova, l’ancienne directrice de RT France, une chaîne directement financée par la Russie, et actuellement chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et dans Le JDD, est visée par un arrêté d’expulsion. Sa participation à la propagande de Vladimir Poutine et de la guerre qu’il mène en Ukraine – qu’elle préfère appeler « opération spéciale », selon les termes du Kremlin – et ses critiques constantes de l’« Occident » auront fini par provoquer une ferme réaction des autorités françaises, quelques semaines après celle du gouvernement allemand.
Depuis l’annonce de cette décision, les dirigeants des médias qui emploient la chroniqueuse crient à la censure, estimant que le gouvernement bafoue ici la liberté d’expression. Mais affirmer cela, c’est jouer un jeu très dangereux. Si la liberté d’expression existe en France et doit être fermement défendue, elle ne doit pas aboutir à confondre la vérité et le mensonge.
Elle ne doit pas aboutir, non plus, à la fragilisation de notre démocratie. En s’exprimant quotidiennement, Xenia Fedorova ne formule pas des opinions personnelles. Elle ne fait pas vivre, non plus, une pluralité d’opinions qui, se valant toutes, auraient le droit de pouvoir être développées librement. Elle est la porte-parole d’un adversaire en guerre contre l’Europe tout entière et constitue en cela un péril existentiel menaçant notre société.
Quelques heures après l’annonce de l’arrêté la visant, Xenia Fedorova a pu contester son expulsion devant la justice française. Une possibilité de recours qui fait l’honneur de l’État de droit dans lequel nous vivons. À Moscou, ceux qui osent élever la voix contre le pouvoir sont brutalement réduits au silence.
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