« Un dispositif inédit et disproportionné. » C’est ainsi qu’est décrite, dans un communiqué qu’elle vient de publier, la perquisition subie le 7 janvier dernier par la librairie indépendante Violette and Co, à Paris. Ce jour-là, les salariées qui ouvrent le lieu ont la surprise de trouver, devant l’entrée, cinq officiers de la police judiciaire en uniforme et un substitut du procureur de la République. L’objet de leur visite ? La recherche d’un livre controversé, dont la vente par cette librairie a été signalée à la justice par le ministère de l’Intérieur.
Depuis plusieurs mois, les polémiques se multiplient autour de cet ouvrage de coloriages pour enfants, illustré par le Sud-Africain Nathi Ngubane et intitulé From the river to the sea, (« de la rivière à la mer »). Soit un slogan phare des mobilisations de solidarité avec la Palestine, repris par le Hamas au tournant des années 1990, et interprété par certains comme un appel à la destruction de l’État d’Israël.
Les libraires indépendants disent non à la censure et aux intimidations
La librairie Violette and Co ne cesse d’être attaquée depuis qu’elle a mis ce livre en vitrine à l’été 2025. « Lorsque la traduction française nous a été présentée à la librairie, en plein génocide de la population gazaouie, nous avons jugé qu’il s’agissait d’un livre important, bien documenté, porteur d’un idéal de justice et de paix, répondant à des nombreuses demandes que nous avions en librairie et proposant un support pédagogique intéressant aux parents qui souhaitaient aborder ce sujet avec leurs enfants », justifie dans son communiqué la librairie, qui avait donc décidé de proposer des exemplaires, « sans percevoir de pourcentage sur les ventes, afin que les bénéfices soient entièrement reversés à des associations humanitaires à Gaza ».
Un livre dont l’interdiction est restée confidentielle
À la…
Auteur: Rozenn Le Carboulec

