À l’occasion du mois des fiertés, et alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir et représente une menace effroyable pour les droits des personnes LGBTQIA+, nous avons souhaité donner la parole aux auteurices d’Écrire à l’encre violette. Littératures lesbiennes en France de 1900 à nos jours, paru aux éditions Le Cavalier Bleu en 2022.
Aurélie Dianara s’est entretenue avec Aurore Turbiau, Manon Berthier et Alexandre Antolin qui ont répondu à ses questions au nom du collectif des cinq auteurices de l’ouvrage, dont 80% des recettes sont reversées à l’association LIG (Lesbiennes d’intérêt général).
Contretemps : Dans votre introduction, vous posez d’emblée que « la littérature lesbienne est un objet fuyant. Sa définition et ses contours sont difficiles à cerner ». Mais vous notez aussi « la formation d’un véritable réseau intertextuel, d’un mouvement culturel d’ampleur qui se construit au fil des décennies », depuis le début du XXe siècle. Comment définir alors la littérature, ou les littératures lesbiennes ? Comment cerner ce réseau intertextuel ?
Par réseau intertextuel, on entend les relations qu’entretiennent un certain nombre d’auteurices, soit à travers des contacts directs (en salons, en contextes militants, par correspondances, etc.), soit à travers des citations ou systèmes d’allusions au sein des textes. Du côté des contacts directs, le salon de Natalie Barney, par exemple, a constitué au début du XXe siècle un lieu de sociabilité et de reconnaissance lesbienne particulièrement important, dont on retrouve ensuite les traces dans les textes. Du côté des liens intertextuels à strictement parler, on remarque que certaines auteurices ont particulièrement œuvré à faire reconnaître une sorte de vaste héritage littéraire lesbien, par exemple Hélène de Monferrand à la fin du XXe siècle : dans ses livres, elle cite Renée Vivien, Natalie Barney,…
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Auteur: redaction

