« Logistique » : d’origine militaire (« Techniques de transport, ravitaillement et logement des troupes »), le mot a été importé dans la sphère économique pour désigner les « moyens et méthodes d’organisation matérielle (d’une entreprise) ». Reste la dimension essentielle : celle du transport. La marine marchande nous place au cœur de cet enjeu, lui-même crucial dans le fonctionnement du capitalisme. On en discute avec la sociologue Claire Flécher, autrice de À bord des géants des mers. Ethnographie embarquée de la logistique globalisée (La Découverte, 2023).
Contretemps (CT) : Commençons par l’image de couverture, qui attire immanquablement l’œil. Comment a-t-elle été choisie ? Qu’exprime-t-elle à tes yeux ?
Claire Flécher (CF) : La couverture du livre a été construite par les éditions La Découverte, qui m’ont soumise quelques photographies. Parmi elles, j’en avais repéré deux ou trois qui me parlaient beaucoup, dont celle gardée pour l’objet final. Je suis donc très contente du résultat : la photographie montre des hommes au travail, dans leur tenue de sécurité. Les couleurs font bien ressortir le dedans du dehors, ainsi que la nécessité d’avoir des couleurs vives pour des questions de sécurité. Enfin, les différents bleus sont importants pour moi : la mer n’a pas la même couleur selon la région du monde et la luminosité. Cela m’avait marquée pendant mes embarquements, et je suis contente de retrouver ces nuances sur la couverture du livre.
CT : Celui-ci est tiré d’une thèse et entre une thèse et un livre conçu pour un plus large public, on doit opérer des coupes, renoncer à certains aspects… Quel type de « réduction » as-tu opéré ?
CF : En effet, je suis passée d’une thèse de plus de 500 pages à un manuscrit de 160 pages. J’ai donc tout réécrit, en enlevant beaucoup de choses. La première des réductions est celle opérée sur les…
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