LR&LP : Qu’est-ce qui vous a conduit à fonder Cancer colère ?
Fleur Breteau : J’ai eu un premier cancer du sein il y a quatre ans. A ce moment-là, des personnes très proches ont aussi développé des cancers. On a commencé à appeler ça le Cancer Comedy Club.
Le jour où l’on m’a diagnostiqué mon deuxième cancer à l’autre sein, le 30 août 2024, un de mes plus proches amis, Nicolas Krameyer, un grand défenseur des droits humains, est mort d’un cancer généralisé. Le Cancer Comedy Club, ce n’était plus possible.
Le texte de la loi Duplomb tombe au moment où je commence la chimiothérapie, je m’y intéresse un peu et me rends compte que c’est un texte horrible. Je lis aussi plein de chiffres sur les cancers publiés par Santé publique France qui résonnent très fort en moi.
Je viens d’avoir 50 ans, à l’hôpital, je m’attendais à être l’une des plus jeunes et j’ai vu des enfants, des adolescents, des étudiants… Je me retrouve dans les salles d’attente avec des femmes souvent plus jeunes que moi, je vois des mères seules avec des enfants en bas âge.
Voir des sénateurs adopter la loi Duplomb, affirmer que les néonicotinoïdes ne sont pas si toxiques, et que l’on guérit du cancer, a tout déclenché. « Cancer colère » est né.
Il y a eu un écho incroyable parmi les patients. C’était magnifique ! En particulier auprès des femmes. J’ai remarqué qu’elles ont une conscience plus aiguë que les hommes du lien entre le cancer et l’empoisonnement de notre environnement.
Au final, on s’est retrouvés à être une vingtaine, des ex-malades, des malades et des futurs malades, avec l’envie de diffuser notre parole, d’exprimer notre colère et de politiser le cancer.
Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer Colère
LR&LP : Vous étiez présente à l’Assemblée nationale lors de l’adoption définitive de la loi Duplomb avec d’autres collectifs. A l’issue du vote, vous avez…
Auteur: Charlene Catalifaud

