C’est dans un Paris revenu à des températures supportables que les sénateurs vont attaquer, lundi 29 juin, l’examen de la loi dite « d’urgence agricole ». Au menu des discussions, le possible retour de deux insecticides néonicotinoïdes, des mesures pour faciliter les tirs contre les loups, ainsi que la multiplication des mégabassines.
Mais les chaleurs intenses depuis mi-mai, qui annoncent notre futur climatique, ne semblent pas avoir inspiré les élus de la chambre haute. Lors des débats en commission des affaires économiques, le 17 juin, le terme n’a été prononcé que deux fois. Le mot canicule n’est apparu aucune fois. Ce alors qu’elle a, notamment, provoqué sécheresses et mortalité massive dans les élevages.
Les conséquences du changement climatique sur l’agriculture sont aussi de mieux en mieux documentées : baisses de production partout dans le monde, mauvaises surprises climatiques en série à gérer pour les paysans, etc.
Une loi portée par les thuriféraires du productivisme
Les trois rapporteurs de la loi sont bien connus pour leur défense d’un modèle agricole productiviste. Il s’agit de Laurent Duplomb, passé à la postérité grâce à sa loi ayant tenté, pour l’instant sans succès, de réintroduire l’acétamipride, Franck Menonville (Union des démocrates et indépendants), co-auteur de cette loi, et Pierre Cuypers (Les Républicains), betteravier utilisateur de ce pesticide jusqu’à son interdiction et président du groupe d’étude chasse et pêche au Sénat.
Le gouvernement, qui porte cette loi, assure lui que l’adaptation de l’agriculture au changement climatique fait partie des objectifs du texte, « afin que la France sécurise sa capacité de production agricole à l’avenir ».
« C’est la catastrophe, il n’y a aucune vision de moyen et long terme »
Pourtant, plusieurs mesures peuvent être vues comme aggravant la vulnérabilité de l’agriculture au…
Auteur: Marie Astier

