C’est un véritable « détricotage » de la protection des milieux montagnards, déplore l’association Mountain Wilderness. Après quelques modifications en commission mixte paritaire, la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine » a été votée en séance plénière lundi 20 juillet à l’Assemblée nationale, avant de passer mardi devant le Sénat.VÉRIFIER / METTRE À JOUR
Ce texte est une occasion manquée de porter une vision d’avenir pour l’adaptation des montagnes au changement climatique, nous dit Francis Charpentier, vice-président de Mountain Wilderness France chargé de l’aménagement.
Reporterre — Quelle menace cette loi fait-elle peser sur l’avenir de la montagne ?
Francis Charpentier — Nous sommes très inquiets à cause d’un article en particulier, qui traite de l’urbanisme. Jusqu’à présent, la règle, en montagne, c’est celle de la « construction en continuité ». C’est-à-dire que l’on doit toujours construire juste à côté d’un bâti existant, en tache d’huile, pour éviter la dispersion de l’habitat, qui nuirait aux paysages et à la biodiversité.
« Cette loi risque de provoquer une urbanisation beaucoup plus incontrôlée »
Cette règle est maintenant bien comprise, de nombreuses jurisprudences font qu’elle est plutôt respectée. La nouvelle loi veut assouplir la règle, au motif de la « simplification » et de ne pas freiner le développement de la montagne. Ce n’est pas du tout justifié, car le développement immobilier en montagne est déjà très important aujourd’hui ! Cette loi ajoute juste du flou et risque de provoquer une urbanisation beaucoup plus incontrôlée.
L’autre volet qui nous inquiète, c’est celui des chalets d’alpage. La loi ouvre le droit à reconstruire ou « restaurer » les chalets en ruine. Il suffit qu’il reste quelques pierres et on pourrait reconstruire un bâtiment. Or, il existe des milliers…
Auteur: Vincent Lucchese

