Courrier des lecteurs
Nous qui observons l’Histoire se faire ou se refaire, des sentiments multiples nous ont traversé au fil de ces derniers jours.
D’abord, et malgré les différences de vues qui nous séparent, un sentiment de solidarité avec la France Insoumise et Rima Hassan face à l’opération d’excommunication qui les frappe.
Ensuite du dégoût et de la colère à voir une assemblée de députés, dans un pays qui fut envahi par l’Allemagne hitlérienne, faire une minute de silence pour un militant néo-nazi.
Enfin, un sentiment de camaraderie. Notre cœur est avec les interpellés de Lyon, ces inconnus d’hier qui, par la force des choses, sont pour nous des camarades de fait aujourd’hui.
Si cette séquence nous interpelle, c’est parce qu’à bien des égards elle semble dotée d’un puissant pouvoir de révélation.
L’injustice du traitement qui frappe la FI et la criminalisation de l’antifascisme ne pouvaient se faire qu’à la faveur d’une concentration sans précédent du pouvoir idéologique. Sans l’effort soutenu et coordonné d’un vaste maillage de journaux, de chaînes, de polémistes, de notables et de chefs d’entreprise… Tous engagés dans une une entreprise réactionnaire d’une ampleur inédite en France.
Depuis vendredi, nous assistons à la mise à jour d’un front unique à l’Assemblée Nationale face à la France Insoumise. L’alliance spontanée des partisans de l’ordre racial avec les souteneurs de l’ordre économique crève les yeux. Leur complaisance mutuelle montre à quel point le maintien du consensus néolibéral est devenu impérieux : de l’extrême droite au Parti Socialiste il peut justifier toutes les compromissions politiques.
Une contre-révolution est en cours.
À cette époque qui ne manque ni de juges, ni de procureurs, inutile maintenant d’apporter une nouvelle « analyse des faits ». La question n’est pas de savoir qui des…
Auteur: B

