Le printemps approche et, avec lui, le retour des fleurs, des bourgeons, des oiseaux et… des tiques. Ces parasites, vecteurs de la maladie de Lyme (prononcer « laïm » et non « lime »), affectionnent les arbustes, les tas de bois et les herbes hautes. Ils vivent dans les forêts, les jardins et les parcs publics, et se nourrissent du sang des animaux et des humains qui sortent des sentiers battus.
Normalement, ces minuscules arthropodes sont actifs de mars à novembre. Mais avec le réchauffement climatique et les hivers qui s’adoucissent, les tiques pourraient bien être présentes toute l’année, augmentant le risque de propagation de la maladie de Lyme.
« L’épidémie a déjà commencé, estime Muriel Vayssier-Taussat, chercheuse en santé animale à l’Inrae. Le nombre de cas augmente d’année en année. Quand j’ai commencé à étudier cette maladie dans les années 2000, il n’y avait que 10 000 cas par an. » Aujourd’hui, près de 50 000 personnes par an (moyenne calculée sur les huit dernières années) sont infectées, avec un pic de 60 000 cas atteint en 2020, contre près de 30 000 en 2009, selon Santé publique France.
Une forme longue
Déclenchée par la borrelia, une bactérie présente dans la salive des tiques infectées (après avoir piqué des animaux porteurs de cette bactérie), la maladie se développe sous forme aiguë chez les patients : elle se caractérise par une plaque rouge inflammatoire et une poussée de fièvre. Si l’on agit rapidement, une cure d’antibiotiques vient à bout des symptômes.
Mais dans 6 à 20 % des cas, l’infection se transforme en forme sévère et persistante, avec des troubles neurologiques, digestifs, articulaires ou encore ophtalmiques. Certains patients témoignent d’un « brouillard mental », de perte de mémoire, voire d’hémiplégie (paralysie d’une ou plusieurs parties du corps d’un seul côté) ou d’accidents vasculaires cérébraux (
Auteur: Scandola Graziani

