La médecine basée sur les preuves a permis de mieux évaluer l’efficacité des traitements médicaux, en recourant à des outils permettant de limiter les biais. Mais ses conclusions ne sont pas encore suffisamment prises en compte par le public, ni par certains professionnels de santé..
L’article 39 du code de déontologie médicale français stipule que « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanisme est interdite. »
Le charlatanisme est donc la promotion de pratiques médicales frauduleuses ou insuffisamment éprouvées en les présentant comme salutaires ou sans danger. Indépendamment de l’escroquerie financière qu’elle représente, la prescription d’un traitement inefficace peut amener un patient à refuser, à suspendre ou à retarder un traitement qui pourrait le guérir. Cela peut avoir des conséquences dramatiques en cas de maladies graves requérant un traitement démontré efficace comme les cancers du sein ou les infections.
Mais comment déterminer l’efficacité d’un traitement ? La médecine basée sur les preuves (Evidence based medicine en anglais, ou EBM) a amélioré notre capacité à évaluer objectivement l’efficacité d’un traitement médical et à identifier des pratiques qui peuvent relever du charlatanisme, ce qui a notamment bouleversé la perception des médecines alternatives comme l’homéopathie. Cependant, la mise en place de cette approche fait encore parfois face à des résistances.
Les essais randomisés contrôlés, fondements de l’EBM
L’efficacité d’un traitement médical a longtemps été évaluée sur base de l’avis de médecins considérés comme experts et de témoignages de patients. Or, l’expérience du médecin est limitée et son avis, tout comme le témoignage des patients, peut être biaisé.
Le développement…
Auteur: Eric Muraille, Biologiste, Immunologiste. Directeur de recherches au FNRS, Université Libre de Bruxelles (ULB)

