La « Méga Ferme-usine à saumons » qui divise la Gironde et la France …

Pour qu’une telle population de poissons survive sur terre, entassée entre quatre murs, il faudra prélever de l’eau neuve chaque jour dans la nappe phréatique — l’équivalent de trois piscines olympiques quotidiennes. Le traitement des eaux usées nécessitera une station d’épuration dimensionnée pour 60 000 à 100 000 habitants. L’installation consommera autant d’électricité qu’une ville moyenne.

Bien-être animal, émissions de CO2, origines de l’alimentation des saumons, risque de submersion du site… Les effets néfastes, multiples, ont mis en alerte tout un éventail d’acteurs : le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde, 105 députés qui soutiennent une proposition de moratoire. Les 23 000 contributions déposées lors de l’enquête publique sont très majoritairement négatives, malgré un avis favorable de la commission d’enquête. « Un niveau de mobilisation sans équivalent », selon le rapport d’enquête. Même la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, est contre.

Pourtant, Pure Salmon persévère. Envers et contre tous, la société veut mettre en batterie des poissons migrateurs. Alors que le projet est suspendu à la décision du préfet de Gironde, Reporterre a enquêté sur l’émergence de cette idée dystopique et l’homme qui l’a portée : Stéphane Farouze, un ancien trader qui espère aujourd’hui capitaliser sur l’industrie du saumon.

Aux origines, un trader

La société Pure Salmon n’est pas née dans le monde de l’aquaculture. Elle a pris forme au sein d’un gestionnaire de fonds, 8F Asset Management, basé entre Singapour et Abou Dabi. Son cofondateur, président et actionnaire majoritaire égrène un CV de haut vol dans les institutions financières mondiales. Bien loin des mers et des poissons.

Un organigramme de la Deutsche Bank daté de 2014, que s’est procuré Reporterre, lève un voile sur…

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Auteur: Claude Morizur