Ecrivaine et ancienne membre des Brigades Rouges, Barbara Balzerani est morte à Rome le 4 mars dernier. Nous republions ici un entretien que nous avions réalisé avec elle en 2017 à la sortie de son livre Camarade lune.
Nous avions aussi publié une tribune qu’elle avait rédigé après le scandale dont elle fut l’objet pour les 40e anniversaire de l’assassinat d’Aldo Moro : Des monstres et des célébrations, « Au cours de cette période, rappelait-elle, il a été recensé 269 sigles de groupes armés, 36.000 personnes ont été mises en accusation pour délit d’association subversive et bande armée dont 6.000 ont été condamnées à de longues peines de détention. »
Les Éditions Cambourakis viennent de publier Camarade Lune, le premier livre traduit en français de Barbara Balzerani. Directrice stratégique des Brigades Rouges, elle a passé 26 ans en prison pour sa participation au groupe armé. Camarade lune est un livre intime qui, en croisant souvenirs biographiques et histoire des luttes italiennes de la seconde moitié du vingtième siècle, nous invite à remettre dans leur contexte les actions du groupe de guérilla. Elle appelle, dans cet entretien, à renouer avec une mémoire partisane et à reconstruire dans toute sa complexité un passé qui a été réduit à un seul événement : l’enlèvement d’Aldo Moro en 1978.
lundimatin : Tu dis de ton livre que c’est « une déclaration d’amour déterminée pour défendre une mémoire partisane », comme si tu voulais essayer de renouer le fil d’une tradition qui s’était perdue.Barbara Balzerani : j’utilise ici l’adjectif « partisan », cela ne fait pas référence à la Résistance italienne, à la guerre contre le nazisme et le fascisme. J’utilise « partisan » dans son sens littéral : « celui qui prend parti », dans un sens qui dépasse largement la lutte de Libération italienne. Parce que la mémoire n’est pas un exercice…
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Auteur: dev

