Au lendemain du 17 octobre, le garde des sceaux Gérald Darmanin, brandie le menace de milices d’auto-défense : « si la réponse pénale aux violences liées au 17 octobre n’est pas extrêmement ferme », alors « les commerçants et les habitants feront justice eux-mêmes ». Une semaine plus tard, le 24, des milices fascistes sous-couvert de défense des petits commerçants attaquent des manifestations dans plusieurs villes de France. De nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux attestent d’une collusion voir d’une collaboration avec les forces de l’ordre. Pour tenter d’y voir plus clair dans cette intrication étonnante entre pouvoir politique, police, milices d’extrême droite et auto-défense populiste, nous avons invité Gilles Favarel-Garrigues et Laurent Gayer, chercheurs au CNRS qui ont travaillé sur l’histoire de l’auto-justice ainsi que Vanessa Codaccioni, politiologue dont les recherches portent sur la répression, la délation et la société de vigilance.
À voir lundi 2 novembre :
De Gilles Favarel-Garrigues et Laurent Gayer, lire Fiers de punir. Le monde des justiciers hors-la-loi(Seuil) et Après le 17 octobre, le spectre de l’auto-justice paru dans lundimatin.
Vanessa Codaccioni est l’autrice de La société de vigilance. Auto-surveillance, délation et haines sécuritaires (Textuel) et plus récemment de Comment les États répriment ? Une courte histoire du pouvoir de punir (Divergences).
01:08 Introduction
04:25 Une histoire de l’auto-défense sécuritaire en France
09:10 Une politisation de l’insécurité
09:54 L’émergence de la figure du justicier auto-proclamé
13:18 Une contestation réactionnaire de la justice
16:47 Le lynchage comme paradigme de l’auto-justice
18:56 Une auto-défense contre les subalternes et les dominés qui réclame davantage de répression
24:00 L’État et la demande de répression…
Auteur: dev
