« On pensait qu’on allait mourir, on n’avait plus d’espoir », confie Shabir*, rencontré au milieu d’un campement caché par des arbres, à proximité du centre hospitalier de Calais. Assis sur un tapis fait de couvertures, une bâche en plastique bleu au-dessus de la tête pour se protéger de la pluie, le jeune Afghan de 20 ans se remémore la nuit du 12 août dernier.
Le départ dans la panique depuis la plage à 1 h 00 du matin ; le bateau surchargé ; le vent qui se lève ; la panne de moteur et l’embarcation qui craque. En un instant, les passagers tombent à l’eau… Certains portent des gilets de sauvetage, ou de simples bouées de plage, d’autres n’ont rien.
Un naufrage qui fait six morts
« Des gens essayaient de s’accrocher à un morceau du bateau qui flottait encore, d’autres ont été dispersés par les vagues », se rappelle Shabir, qui estime être resté près de deux heures dans l’eau avant l’arrivée des secours. « J’ai vu des gens morts devant moi, poursuit Gulham*, un autre rescapé. Les gens hurlaient, ils appelaient à l’aide, help, help, help ! », décrit-il.
Un navire de commerce, qui avait repéré l’embarcation, alerte alors le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de Griz-Nez, avant que des navires de secours n’arrivent sur les lieux. Trempés et encore sous le choc, 31 survivants sont ramenés au port de Calais, tandis que 23 autres sont débarqués à Douvres et pris en charge par les secours britanniques. Une personne est transportée d’urgence à l’hôpital de Calais. Elle y est décédée, tandis que cinq corps, repérés par un hélicoptère de la marine, ont été repêchés le lendemain matin.
« Un de mes amis proches était dans le bateau, la police m’a dit qu’il n’était pas en Angleterre ni en France, il est peut-être mort, peut-être disparu », lâche Gulham. Trois semaines plus tard, ce même rescapé nous…
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Auteur: Maël Galisson, Maïa Courtois, Nicola Kelly, Simon Mauvieux, Valentina Camu

