Le domaine maritime est omniprésent et indissociable des préoccupations politiques, économiques, culturelles et spirituelles des civilisations antiques, comme le prouvent de nombreuses représentations littéraires et artistiques.
Dans l’Antiquité déjà, la mer était considérée par l’homme comme une interface, une entité de passage, aussi bien d’un point de vue très concret que d’un point de vue abstrait et spirituel. En effet, d’une manière très pragmatique, elle permet la navigation et la liaison entre les espaces terrestres ; dans sa dimension plus spirituelle, la mer et l’océan renvoient également à la mort et au domaine funéraire. D’où la forte présence de leur représentation dans les contextes funéraires antiques méditerranéens. Cette idée profondément ancrée dans la pensée antique, principalement grecque, s’illustre par l’exemple du philosophe Anacharsis, qui ne sait dire si les gens qui sont en mer, sont à compter parmi les vivants ou bien parmi les défunts.
Culturellement, la mer occupe une place prépondérante dans la mythologie. Chez les Grecs, l’océan et la mer sont des divinités fondatrices, un père-océan (Pontos), auquel s’adjoint son pendant féminin, la mer (Thalassa), l’un et l’autre sont à l’origine de la vie marine. À ne pas confondre avec le titan Océan, à l’origine de tous les cours d’eau.
Épopées maritimes
La place de la mer dans de nombreuses civilisations de la Méditerranée, et même au-delà, correspond également à une conception spécifique du monde, qui s’oppose à la conception terrestre. Les bases de la mythologie grecque sont connues par les récits d’Homère et d’Hésiode, deux poètes grecs.
Pour le premier, le monde se conçoit principalement via le domaine maritime. Ses œuvres majeures, l’Iliade et l’Odyssée, représentant des épopées tournées vers la mer. Dans l’Iliade, c’est le récit de la Guerre de Troie qui est conté….
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Auteur: Pierre-Hubert Pernici, Enseignant contractuel en histoire ancienne et archéologie, Université de Corse Pascal-Paoli

