Pendant que, sur la terre ferme, nous suffoquons et voyons la végétation dépérir ou s’embraser à cause du manque d’eau, les océans subissent l’équivalent de canicules aquatiques, qui échappent à nos regards, mais sont encore plus graves. Un réchauffement et une acidification des eaux qui risquent encore de s’accentuer dans les mois qui viennent. Explications.
El Niño « extrême »
Au mois de juin 2026, la température moyenne à la surface de tous les océans, qui couvrent les deux tiers de la planète et sont à la source de toute vie, a atteint 20,98°C. C’est un record absolu depuis le début des mesures, la surface maritime de notre monde vient de connaître son mois de juin le plus chaud jamais observé.
Ce réchauffement déjà dramatique pour la vie marine va se combiner cette année avec un phénomène exceptionnel. On le sait, les courants océaniques ont un impact énorme sur le climat. Le Gulf Stream, courant tiède dans l’Océan Atlantique, permet à l’Europe de l’Ouest de bénéficier d’un climat tempéré, faute de quoi les hivers seraient glaciaux sur le littoral français, et les étés encore plus chauds.
El Niño est un courant océanique saisonnier qui se produit épisodiquement au large de l’Amérique du Sud, dans le Pacifique. L’eau est alors anormalement chaude, ce qui provoque aussi un réchauffement de l’air et une hausse globale des températures. En 2026, El Niño sera surpuissant.
Le 5 juillet, l’anomalie de température de surface du Pacifique atteignait déjà 1,80°C au-dessus de la moyenne de 1991-2020. Mais nous n’avons encore rien vu : El Niño pourrait réchauffer le Pacifique de 3,9°C en excès lors de son pic, attendu en décembre.
Ces chiffres peuvent paraître abstraits, mais ils auront des conséquences considérables, et pas seulement dans l’hémisphère sud. Une telle hausse dans une surface marine aussi étendue bouleverse tous les courants,…
Auteur: B

