Sur le parvis du tribunal judiciaire de Paris, une trentaine de personnes regardent trois femmes qui se tiennent côte à côte. D’abord, une militante féministe, brandissant malgré le froid une pancarte en soutien à Sophie Abida, dont la doudoune ouverte laisse apercevoir un t-shirt « Je te crois ». « Cette mère a été honteusement écrabouillée par la justice française, c’est inadmissible. Elle a été emprisonnée, piétinée, pendant que des enfants étaient remis à leur agresseur », déclare-t-elle.
Les enfants dénoncent depuis plusieurs mois des faits de violence commis par le père.
S. Abida
À côté d’elle, la comédienne Judith Chemla, un soutien de la première heure. Elle dénonce ce qui est arrivé à Sophie Abida et témoigne, elle aussi, avoir été menacée de perdre la garde de sa fille quand elle a voulu la protéger. « Le policier m’a dit : ‘Madame, si vous ne cessez pas de faire la bagarre, la guerre à monsieur, votre fille va être placée, je vais appeler le juge.’ Il m’a dit ça alors qu’il y a eu condamnation, alors que ça a été reconnu, alors que c’est une histoire médiatique. »
La troisième femme est la mère de Sophie Abida. « Justice pour mes petits enfants ! Justice pour ma fille, malmenée, qu’on cherche à bâillonner pour qu’elle parle plus, pour qu’elle abandonne ses enfants. » Elle agite dans l’air le tigre en peluche qu’elle a amené. « Qu’est-ce qu’elle a fait ma fille pour mériter tout ça ? Pourquoi on lui a arraché ses quatre enfants ? » Elle pleure de colère, expliquant avoir peur, quand Sophie ne répond pas au téléphone, qu’elle ait été arrêtée par la police ou qu’elle se soit suicidée.
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Auteur: Pauline Migevant

