Une frappe israélienne avait touché de plein fouet sa demeure familiale le 4 juin dernier. Elle avait repris conscience le lendemain de l’attaque avant que son état ne se dégrade progressivement. Elle était hospitalisée depuis deux semaines à l’AUBMC à Beyrouth, après avoir été transférée depuis l’hôpital Jabal Amel dans le Sud, selon Fadia Joumaa, militante écologiste originaire de Tyr, contactée par L’Orient-Le Jour. « Les médecins ont en vain tenté de la sauver au cours des derniers jours », a-t-elle ajouté.
« Aujourd’hui, je vis mon rêve »
Figure de proue de la protection de la faune aquatique au Liban, Mona Khalil avait consacré plus de deux décennies à la sauvegarde des tortues marines du littoral sud. Son engagement remonte à 1999, lorsqu’une nuit de mai, sur la plage de Mansouri, elle découvre une tortue en train de pondre ses œufs. Peu après, elle quitte sa carrière de restauratrice d’art aux Pays-Bas et s’installe dans la maison familiale située à une centaine de mètres du rivage, construite par son père et où elle passait ses étés durant son enfance. En 2000, après le retrait israélien du Liban-Sud, elle fonde l’« Orange House Project » afin de protéger ce site de ponte et d’assurer la survie des tortues nouveau-nées jusqu’à leur retour à la mer.
La maison, située à quelques mètres de la plage, est transformée en gîte écologique dont les revenus financent la préservation d’une bande littorale de 1,4 kilomètre. Ce tronçon de sable, devenu son champ d’action quotidien, abrite la ponte des tortues mais aussi une biodiversité plus large. Au fil des années, Mona Khalil s’impose comme une référence du milieu environnemental local, et l’ange gardien des tortues de Mansouri. « J’ai commencé avec une amie. Nous étions deux femmes, seules. Je ne connaissais rien aux tortues. J’ai écrit à la Mediterranean Association to Save the Sea Turtles pour demander de…
Auteur: Claude Morizur

