Interventions du cabinet de la ministre de l’Agriculture, menaces de sanction à l’encontre d’une autrice, signalement aux ressources humaines d’une autre, suppression de certaines mentions… Des scientifiques ont dévoilé comment un rapport sur la santé et les pesticides a été édulcoré par l’État. L’affaire, révélée le 30 octobre par Le Monde, concerne le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP).
Dirigée par Clément Beaune, cette instance avait été chargée d’écrire un rapport sur la santé environnementale, remis le 29 octobre à l’Assemblée nationale. Ce demi-millier de pages pointe la faiblesse des politiques publiques consacrées à ce sujet et formule des recommandations pour lutter contre les maladies attribuables à la pollution de l’environnement. Un dossier ô combien épineux depuis la séquence politique entourant la loi Duplomb, au cours de laquelle plus de deux millions de Français ont signé une pétition s’y opposant.
La hiérarchie — et notamment le cabinet de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard — aurait imposé aux auteurs du rapport différentes reformulations. Celles-ci visaient à minimiser les risques sanitaires des pesticides et à discréditer certaines des études scientifiques citées, dont l’une faisant le lien entre alimentation bio et réduction du risque de cancer. En annexe du rapport, quatre des huit membres du conseil scientifique chargé de superviser le texte ont signé un commentaire dénonçant ces agissements. L’entourage de la ministre, lui, dément être à l’origine du moindre amendement.
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