1,2 milliard d’euros. C’est la somme des aides d’urgence annoncées par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, vendredi 4 septembre, face à la catastrophe agricole de cet été infernal. Le plan, baptisé « Casi » (pour « canicule, sécheresse, incendie »), ne doit « laisser aucun agriculteur seul », a lancé la ministre. Il vient apporter un soutien économique d’urgence aux fermes dont les finances sont à sec et doit leur permettre de continuer à produire pour éviter que les conséquences de la crise ne s’étendent aux récoltes à venir.
Ce plan sera-t-il à la hauteur ? Rien n’est moins sûr. « Il est totalement scandaleux », réagit Thomas Gibert, maraîcher et porte-parole de la Confédération paysanne, qui dénonce la simple application de mesures déjà existantes. Il craint que de nombreuses fermes ne mettent la clé sous la porte, au profit de l’agro-industrie. Pour lui, le gouvernement ne prend pas la mesure de la violence « incommensurable » de cet été.
Et pour faire face à cette réalité climatique, malgré les alertes scientifiques, « rien ne va assez vite », explique le directeur de l’unité Agroclim de l’Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement (Inrae), Iñaki Garcia de Cortazar Atauri. Le chercheur et le paysan expliquent à Reporterre les ressorts de cette crise d’une ampleur jamais vue et leurs idées pour y faire face.
Reporterre — Que pensez-vous des mesures d’urgence annoncées par la ministre de l’Agriculture ? Vont-elles permettre de sauver à court terme les fermes ?
Thomas Gibert — Pour nous c’est complètement scandaleux : elle a décliné un fonctionnement classique face à une crise historique. Elle annonce 1,2 milliard d’euros, mais la moitié vient du fonctionnement normal de l’indemnité de solidarité nationale (ISN).
Elle a fait le choix d’enterrer plus de 82 % des paysans et paysannes qui ne…
Auteur: Marie Astier
