Dans plusieurs universités de France, des organisations et enseignants comptent retenir les notes des étudiants en ce deuxième semestre 2023 à l’appel du collectif vacataires.org. L’objectif : soutenir la revendication consistant à augmenter la paie des enseignants vacataires. Ce personnel sous-payé et précaire, sur lequel reposerait environ un quart des heures de cours en universités, représente pourtant moins de 1 % des dépenses pour l’enseignement supérieur, d’après les calculs faits par le collectif.
Les enseignants vacataires sont un contingent d’environ 130 000 intervenants rémunérés à l’heure de cours selon des conditions fixées par un décret de 1987. Leur taux de rémunération est d’un peu plus de 40 euros brut pour une heure face aux étudiants, incluant les préparations de cours, corrections et autres tâches, ce qui est de l’ordre du tiers des taux appliqués aux personnels moins précaires.
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Destiné en principe à accueillir des professionnels intervenant ponctuellement dans les formations universitaires, ce statut – nettement moins coûteux qu’un contrat de travail – a été utilisé de façon extensive et croissante par les universités. Ce seraient ainsi quatre millions d’heures de cours annuelles qui seraient délivrées à moindres frais, notamment par des doctorants ou docteurs en situation précaire.
Malgré leur forte présence à tous les niveaux, ces jeunes chercheurs bénéficient d’une très faible reconnaissance et ne sont généralement pas considérés par les universités comme faisant partie de leur personnel. Leur mobilisation nous renvoie à une grande question des sciences sociales : comment lutter collectivement quand on fait partie des oubliés, quelle stratégie adopter pour se faire entendre quand on relève des invisibles, des « sans » ?
Les…
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Auteur: Alessio Motta, Enseignant chercheur en sciences sociales, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

