La mobilisation lycéenne à travers les yeux d'une professeur du 93

J’voudrais écrire avec mes tripes, mon corps, ses joies et ses dégoûts, loin de toute moraline (Nietzsche) parce que les tribunes de circonstance, les communiqués, syndicaux ou autres, les déclarations d’intention, les mots creux, les rodomontades resteront lettre morte et ne sont que vétilles en considération de ce qui se joue en ce moment dans les lycées de toute la France, et au-delà (universités, monde du travail, perspective du 17 octobre…).

DÉGOÛTS !

L’intersyndicale nationale, au soir du 2 octobre, après plus de 5000 interpellations en 5 jours (pire qu’au plus fort du mouvement des Gilets Jaunes) et des centaines de cas de violences policières avérées, n’est pas même foutue d’appeler à la grève et à manifester le mardi 6 octobre (date posée par le mouvement lycéen pour une grande journée d’actions). Elle préfère en effet le « dialogue social », soit la complicité avec les pouvoirs en place, à la solidarité et aux véritables changements… L’intersyndicale qui précise encore dans ses communiqués qu’il faut que le gouvernement entende les revendications lycéennes, déclaration totalement hors sol, comme si, de là où nous en sommes, le lion affamé allait entendre la plainte de l’antilope… ((Bref, l’intersyndicale, avec ses éternels atermoiements, c’est le maintien du système tel qu’il est, or certain.es ne le comprennent toujours pas, ce qui est bien désespérant, alors même qu’elle s’est évertuée à faire perdre tous les mouvements sociaux conséquents des dix dernières années (au moins), à commencer par la mobilisation contre la contre-réforme des retraites.))

La liste des exactions de la police est tellement longue qu’un recensement exhaustif ne peut en être dressé : tentative de noyade à Belfort par un flic en civil, tentative d’écraser des élèves, par un flic à moto au Blanc-Mesnil, tentative d’homicide à Troyes : une voiture de police fonce à…

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Auteur: dev