À l’occasion de la sortie de « Le Diable s’habille en Prada 2 », une anthropologue évoque la mode, un secteur crucial du capitalisme aussi luxueux dans ses représentations qu’il est précaire pour ses travailleurs et travailleuses.
En tant qu’anthropologue, vous travaillez sur la mode. Pourquoi le choix de ce terrain ?
Giulia Mensitieri Après un premier master en littératures hispano-américaines et brésiliennes, en Italie, j’en ai mené un second en anthropologie urbaine à l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris, au cours duquel j’ai conduit un travail de terrain sur un quartier cosmopolite de Mexico.
En rentrant à Paris, j’ai observé cette même population cosmopolite à Paris, le long du canal Saint-Martin et du bassin de la Villette, y compris au sein de mon cercle amical. Nous apparaissions « cool » à tous égards, très désirables dans une ville faite pour nos semblables… et en même temps nous étions tous fauchés, contraints de travailler au noir ou dans des bars. Ce contraste m’a fait prendre conscience d’un basculement dans la sociologie des élites, avec l’émergence d’une nouvelle élite à la fois très valorisée et très précaire. J’ai donc cherché à comprendre comment on en était arrivé là.
C’est alors que j’ai rencontré Mia, une mannequin qui portait au minimum pour 5000 € de vêtements sur…
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